11 h, novillada piquée ( ?) de Pagès-Mailhan
Temps ensoleillé, un peu de vent. Un petit tiers d’arène. 6 novillos : les trois premiers laids, imprésentables de tête (corne gauche du second en pinceau et saignant abondamment, lamentable...) d’une faiblesse indigne, non piqués. Les trois suivants plus musculeux, aux cornes plus acceptables (bien que tout à fait quelconques) le 4e et 5e toujours aussi faibles et toujours non piqués, le dernier un peu plus costaud… Heureusement ils possédaient de la noblesse qui permit aux jeunes toreros de s’exprimer.
Patrick Oliver n’était pas dans un grand jour, il est passé sans peine ni gloire, quelconque à l’épée.
Thomas Joubert régala le public par son toreo de cape vertical mais fleuri. Il semblait heureux de toréer et son enthousiasme contrastant avec les figures d’enterrement de sa cuadrilla arlésienne, le public lui accorda une oreille chaleureuse à son premier.
Thomas Duffau est encore en apprentissage mais on sent qu’il fait un effort dans la lidia en particulier en pesant sur le taureau. Il exécuta une remarquable série de véroniques, lentes, donnée à son second en gagnant le centre. Il perdit les trophées à la mort.
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18 h, six toros de Miura pour Juan José Padilla, Antonio Barrera, Julien Lescarret.
Temps ensoleillé malgré un ciel encombré de cumulus, trois quarts d’arènes.
Haut, longs, lourds, largement armés, les pensionnaires de Zahariche régnèrent en patrons tout au long de la soirée, assurant à eux seuls le spectacle et faisant sourdre la terreur jusque dans les gradins. Ils se répartirent 15 rencontres avec la cavalerie en affichant le comportement sui generis : donnant des coups de tête et sortant seuls. Le public, pour une fois unanime, se montra pleinement conscient de leur omniprésence et de leur dangerosité. Les toreros ne furent jamais sifflés ou seulement brocardés. Ils avaient les mérite et courage d’être là, l’essentiel était qu’ils en sortent indemnes.
1) Cafetero, né en janvier 2006, annoncé à 633 kg, largement playero, de robe cárdeno mulato chorreado, apparaît en piste sous des applaudissements. Juan José Padilla, rouge orangé et or, vient de sortir de son seul contre six de la veille à San Lucar de Barrameda, certes triomphalement avec 9 oreilles à son actif, mais aussi avec, au passif, un genou terriblement enflé et particulièrement douloureux. Il aura dû recourir, ce jour à Béziers, à des infiltrations anti-inflammatoires avant et puis pendant la course. Il n’était donc pas au mieux de sa forme et se contenta d’assurer le minimum. Il reçoit cependant Cafetero dans les plis de sa cape et le tire vers le centre puis le confie à son péon. Poussée spectaculaire sur la première pique en soulevant le cheval. Deuxième pique plus brève. Padilla banderille pas trop mal. A la muleta, passes de tanteo prudentes. L’animal n’a que des charges courtes et le vent est gênant Conclusion par bajonazo. Quelques applaudissements..
2) Hocicudo, né en décembre 2005, annoncé à 611 kg, de robe cárdeno oscuro, aux larges cornes est salué par d’assez bonnes véroniques d’Antonio Barrera, blanc et or soutaché de noir. Forte poussée sur la première pique un peu trasera. Deuxième pique mieux administrée bien que le taureau s’emploie moins et donne de la tête. Néanmoins, le président Serge Calmel fait entendre brièvement la musique pour souligner le travail du picador Sandoval. Antonio Barrera, qui porte le brassard noir du deuil de son père, offre au ciel son premier Miura puisqu’il n’avait jamais, jusqu’à ce jour, combattu un taureau de cet élevage mythique. L’animal crochetait méchamment et Barrera, plus volontaire que dominateur, se donne une allure "trémendiste". Deux tiers d’épée en avant et descabello à la troisième tentative. Applaudissement au toro, vuelta pour le torero.
3) Cubeto, né en mars 2006, annoncé à 595 kg, le plus jeune et le moins lourd, negro bragado corrido, se révéle vite comme le pire en méchanceté. Très haut et portant tête encore plus haute, il développe vers les nuages la paire de cornes la plus redoutable du lot. Intoréable, refusant de baisser sa forte tête, il fait valdinguer à deux reprises, heureusement sans mal, un Julien Lescarret, plus embarrassé que servi par sa cape. Panique dans le ruedo. Le diestro, indemne mais bien secoué, s’inscrit pendant quelques instants aux abonnés absents. Eric Canada prend la direction des opérations pour la présentation aux piques. Le toro va au cheval avec plus de hargne que de bravoure. Il secoue, sort seul, revient spontanément. Il livrera ainsi 4 violents assauts. Toujours tête haute, il coupe le terrain aux banderilleros qui balancent leurs harpons comme ils peuvent. A la muleta, Julien prend encore une rouste d’emblée en essayant la main gauche. Il capitule ensuite devant trop de genio. Le public est avec lui et l’encourage en dépit de multiples pinchazos suivis d’une demie lame qui sera finalement suffisante. Ouf ! Le taureau est applaudi et le torero bénéficie d’une affectueuse discrétion.
4) Hormigón, né en décembre 2005, 643 kg, cárdeno oscuro mulato est, lui aussi, armé large. Padilla qui sort de l’infirmerie où il a fait encore soigner son genou, le met immédiatement à l’épreuve en effectuant une larga afarolada de rodillas. Il poursuit par d’assez bonnes véroniques et une revolera. Ce sera à peu près tout. Le cornu pousse fort sur une première pique puis s’endort. La seconde est copieusement pompée. Juan José laisse banderiller sa cuadrilla. Elle s’en acquitte fort mal parvenant difficilement à accrocher une par une deux banderilles après maints passages. Le président Calmel s’en contente et préfère sagement écourter. Grande prudence du maestro qui assure, muleta en main, le minimum syndical. Malgré ses courtes charges, l’animal méritait sans doute mieux. Bajonazo et descabello. Silence.
5) Chinito, né en décembre 2005 ; 604 kg, cardeno oscuro mulato, est mal "véroniqué" par Antonio Barrera qui semble s’appliquer à "décharger la suerte". Deux piques où le bicho cornée dans le bas du peto sans trop pousser mais reçoit quand même deux sévères rations d’un picador qui n’y va pas de main morte.. Un banderillero, dont je ne connais pas le nom, cloue une excellent paire très applaudie. A la mulata, la charge est courte et le torero circonspect. Pas une seule véritable passe, du chasse-mouche dansé devant les cornes. Mais l’estocade portée au pas des banderilles est pourtant entière, en bonne place, foudroyante. C’est ce qui autorise Barrera, profitant des bonnes dispositions de public, à entreprendre une deuxième vuelta un peu culottée ! Le Miura a été applaudi à l’arrastre.
6) Manzanito, negro mulato bragado-corrido axiblanco, né en décembre 2004, 5 ans et 8 moiis, est non seulement le plus vieux mais aussi le plus lourd , 654 kg. Il sera pourtant le plus faible, se contentant de deux petites piques. Julien Lescarret, dont il convient de préciser qu’il était vêtu de noir de d’or, l’avait reçu assez convenablement à la cape. Mais il fut sans domination et constance devant un animal qui ne manquait pas de qualités et qui aurait mérité un maestro plus aguerri. Pour preuve, deux naturelles que Julien parvint à tirer, longues et "templées", en fait les deux seules complètes et belles passes de l’après midi. Conclusion par trois quart d’épée en avant et descabello au deuxième essai. Silence encore une fois complice.
Les trois maestros furent peu ou prou applaudis à leur sortie de l’arène.
Le public ne fut pas déçu et se retira heureux, car pour une miurada, c'était une miurada !