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Coup d’œil rétrospectif dans le Sud-Est De Saint-Martin-de-Crau à Istres en passant par Alès et Nîmes

 

Saint-Martin de Crau, 24-25 avril

Samedi Grosso modo, les novilleros, Pablo Lechuga et Esaú Fernández, ont été nettement au-dessous des 6 novillos français de Tardieu, Gallon et Christophe Yonnet. « Jabanero », le novillo d’Alain et Frédérique Tardieu gracié, était excellent ; mais de là à la grâce !

Dimanche La corrida, cinqueña et puissante, de Prieto de la Cal a heureusement surpris. Julien Lescarret a été correct, sans plus ; il aurait coupé une oreille à son premier si l’épée était passée. Mehdi Savalli a coupé une oreille en étant au-dessous de son second. En sortant, tout le monde ne parlait que d’Alberto Aguilar : son premier était un tueur, manso et rapide ; première cogida impressionnante, le torero étant encadré par le berceau des cornes, à la sortie de la 4e paire de banderilles (donnée au même endroit et de la même manière que la 3e, ratée…), seconde cogida impressionnante en cours de faena, le torero restant suspendu par la chaquetilla, ce qui pouvait être le pire… Alberto s’est joué la vie de la première à la dernière seconde, mais pas en trompe-la-mort. Muleta toujours impeccablement présentée et passes données sans tricher. Après la seconde voltereta, il a repris le toro au centre et lui a donné une excellent série de derechazos : les mêmes que ceux au cours desquels il venait de se faire prendre. L’épée l’a trahi, mais le public a exigé la vuelta ; et il ne s’est trouvé personne pour contester l’oreille un peu généreuse accordée à son second toro. Alberto Aguilar à voir et à revoir, sur le registre des corridas dures.

Alès, 15-16 mai

Samedi :  Passionnante corrida da Baltasar Ibán, encastée. Uceda Leal a fait le métier, sans plus. Eduardo Gallo a eu de beaux gestes toreros, ce qui n’est pas pour étonner… mais le public ne les a pas perçus à leur valeur. C’est Julien Miletto qui a mis l’émotion en se la jouant avec détermination, lucidité et autorité. Dimanche : Les « Adolfo » étaient quasi inabordables. Il y en avait 3 puissants au cheval, chutes à la clé, et 3, de type différent, de moindres forces (comme les Victorinos actuels). Les 2 derniers ont été moins infréquentables. Iván Fandiño au 5e a tout donné avec lucidité et témérité : olé !

Nimes, 13 mai,  19-24 mai

Le jeudi de l’Ascension

Novillada de la cape d’or puis un contre six deCastella au profit d’Haïti, gâchés par le mauvais temps. Chapeau à la ténacité de Sébastien, déterminé à toréer quelles que soient les conditions. Magnifique costume, proposé aux enchères… et racheté par lui-même au-dessus de son prix d’achat ! C’est le costume qu’il portait à Pamplona. Mercredi, 19 mai . Des Miura écornés et de peu de forces, pas dignes de Nîmes : Padilla sans forcer son talent. Mehdi Savalli, une fois de plus bien servi au sorteo, passe à côté du meilleur de la course. Rafaelillo, une fois de plus, paye comptant. Très, très terne. Jeudi, 20 mai   Julio Aparicio tombe sur un Cuvillo costaud, de charge longue et pesante mais noble. Du premier capotazo au dernier muletazo, il « débouche le flacon ». Inoubliable. Hélas, le lendemain à Madrid…   Vendredi, 21 mai

Des José Vázquez magnifiques, de présentation supérieure (il se murmure que c’est un lot acheté d’avance et éleva en France au moment de la langue bleue). Après les avoir vus sortir, on avait tout vu. Ni Juan Bautista, ni Matías Tejela et encore moins Arturo Macías n’ont pu faire quoi que ce soit. ENNUI.   Samedi, 22 mai   Des Garcigrande mieux que d’habitude en matinée ! Mais il ne reste pas grand-chose de cette course. Fuente Ymbro l’après-midi : le lot de la Feria. Le 1er, très gros, est sans intérêt. Le 2e, affiché 20 ou 30 kg de plus alors qu’il dépasse probablement les 650 kg, est un vrai bœuf. Les 4 autres, plus petits typés, encastés, procurent une belle tarde. Antonio Barrera en demi-teinte, César Jiménez et surtout Rubén Pinar, bien. Salut du mayoral à la fin.   Dimanche, 23 mai

En matinée,des Juan Pedro juste acceptables Javier Conde sur un demi toro. Morante extraordinaire de temple et d’inspiration sobre avec un toro d’une grande douceur, magnifiquement toréé. Les ânes dogmatiques lui ont reproché d’avoir démarré sa faena assis sur une chaise ; « vulgaire » à leurs yeux, « pas de la tauromachie, mais du cirque » : tout ce qui dépasse les limites de leurs dogmes livresques est à rejeter. « Gallo », le divin chauve, les écoute sans doute depuis le «Bar des toreros disparus », cigare au coin de la bouche et œil narquois…

En après-midi, des Samuel Flores de présentation correcte, mais décevants en force et en caste. Capea pas assez mûr. Ponce à l’aise mais… , Daniel Luque bien au dernier.   Lundi, 24 mai

Le matin, RIDICULE et INDIGNE distribution d’oreilles au rejoneo. Nîmes sur mer. Quand le triomphalisme tue le triomphe… L’après-midi, bon mano a mano Juli - Castella ; mais les épées ne sont pas passées, dommage. Les toros étaient… pour vedettes ! Excellent quite de Morenito de Nimes : comme d’hab. !   Quant au « 1er Master international » de novilleros sans picador, qui s’est déroulé dimanche 23 mai en nocturne, on relèvera : d’une part, la qualité des novillos français, et la fabuleuse caste de ceux du Juli, discrètement présent tout au long de la finale pour les voir courir ; d’autre part, le haut niveau des finalistes, le plus volontaire étant Jesús Chover de Valencia (3e ), le plus artiste étant Luis Alberto Gerpe de Madrid (2e), le plus complet et dominateur étant le vénézuélien Fabio Castañeda, de l’école de Madrid, (1er ).

 Remarques générales sur cette Pentecôte Nîmoise 2010

En l’absence de tout contrôle : la présentation générale des toros frise souvent l’escroquerie, particulièrement sur les poids et sur les cornes. En ce qui concerne les poids affichés, c’est parfois un point commun avec… Céret ! lequel ne gagne rien à ce genre de choses ; surprenant, non ? !... L’attribution des trophées est incohérente et parfois proprement lamentable, les politiques présidents étant sans doute plus soucieux de court terme, c’est-à-dire de beaux titres dans les journaux, que de sérieux tauromachique et d’image de la ville dans les milieux taurins.

N.D.L.R. : Nous nous pertmettons d'ajouter un commentaire sur l'affiche de Nîmes reproduite supra. Elle est tristement banale et fade. Et cette grosse banane qui émerge à droite !

Istres, 18-20 juin

Encore une Feria de grande qualité. Les toros ne sont certes pas des monstres (arènes de 3e catégorie), et dans l’ensemble, ils ont été moins bien que l’an passé. Mais il y a un bon équilibre torista (vendredi-samedi),  torerista (dimanche, matin et après-midi) ; et les vedettes ont toréé comme si elles étaient à Madrid ! A ce sujet, on retiendra surtout :

Le vendredi 18 juin

Un torito compliqué et dangereux du Juli mis dans la muteta en 5 muletazos :magique ! Et le dernier toro de Castella, costaud, puissant, manso, violent et «méchant», mis dans la muleta en 4 muletazos puis toréé et réduit jusqu’à prendre en fin de faena le numéro encimista maison, alors qu’il était prêt à tailler en pièce son torero à la première ouverture : chapeau ! Conde en demi-teinte.

Le samedi 19 juin

Espartaco avec de beaux restes qui ont fait l’admiration des professionnels. Dimanche matin 20 juin

Novillada de grande caste d’A et F Tardieu Qu’aurait-ce été sans mistral, toréée au centre ! Cristian Escribano et Paco Chaves bien, chacun avec ses moyens ; Thomas Dufau qui se retrouve.   Après midi Corrida cinqueña périlleuse de Cebada Gago. Antonio Barrera échappe de peu à une tragique cornada. Alberto Aguilar en lion qui a la tête sur les épaules. A son habitude. Mehdi Savalli toujours en-dessous…

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