Fédération des Sociétés Taurines de France - Temporada 2011

Dimanche 27 février à Arzacq :
Festival en hommage à " El Pimpi "

CLASSE ET EMOTION

   Le succès de la journée revient d’abord aux novillos d’Escolar Carrasco ( origine Garcigrande ), de bonne présentation . Certes, dans l’ensemble, ils ne firent pas preuve de beaucoup de bravoure lors des neuf piques qu’ils reçurent, mais la plupart montrèrent de la vivacité et de la caste jusqu’au troisième tiers ; tous furent nobles et permirent le succès ; seul le sixième accusa de la faiblesse. Tous les toreros se montrèrent d’une grande dignité dans leur travail, à l’image de l’émotion suscitée par le souvenir du disparu et par la présence de ses proches et notamment de sa veuve .

   Frascuelo eût un adversaire qui prit deux piques en se défendant et en sortant seul ; il chargea avec noblesse, la tête haute. Le torero lui servit une faena élégante, surtout à droite, mais aussi sur la corne gauche, côté où l’animal venait moins bien. Le public put se régaler d’un travail qui ressemblait à un cours de tauromachie classique, donné par un torero sexagénaire, de très bon goût, et sans excès de durée ; trois-quart d’épée delantera et une oreille .

   Richard Milian réalisa devant le second une très bonne mise en suerte du novillo qui reçut une pique en se défendant de la tête . Richard Milian et El Fundi exécutèrent un quite par colleras très applaudi . Face à cet animal qui partait seul et qui donnait des hachazos, Milian réalisa à gauche de bonnes séries par le bas en le dominant ; après une épée entière tombée, deux oreilles furent accordées par la présidence .

   El Fundi fixa le troisième novillo qui était très noble par des véroniques au centre, d’une grande lenteur ; le toro prit une pique en s’endormant et effectua une vuelta de campana. El Fundi commença la faena par le bas en pliant le genou ; il la poursuivit en toréant au ralenti, prenant visiblement plaisir à réaliser un véritable toreo de salon que le public apprécia ; jusqu’à ce qu’ une voltereta du torero nous rappelle que le novillo était toujours là ! El Fundi porta une lame entière et contraire ; la présidence lui attribua pour son travail de maître les deux oreilles et la queue.

   Julien Miletto eût à affronter le quatrième novillo de la soirée, vif et rapide piqué à deux reprises par Gabin, il montra sa bravoure et sa caste. Miletto dut le dominer par des doblones vers le centre en calmant sa charge ; le toro répéta ses attaques et le torero l’attendit calmement pour s’en rendre maître, mais il subit une voltereta par excès de confiance ; par la suite il s’efforça de profiter de la charge constante de l’animal mais il se fit enfermer et les séries de passes étaient trop longues et la muleta fut accrochée ; le travail s’acheva par une superbe estocade entière haute et la présidence accorda deux oreilles au torero.

  Thomas Duffau eût un adversaire de respect, noble et qui mettait bien la tête dans la cape. Il fut bien piqué à deux reprises par Bertoli en poussant sur le cheval. Duffau commença la faena au centre par des cambiadas et poursuivit par des passes dans lesquelles il montra sa maîtrise, son aisance et son style ; on a pu constater sa maturité en ce début de saison . Après un pinchazo et une épée entière la présidence accorda la vuelta du novillo et deux oreilles au torero .

   Mathieu Guillon affronta un novillo violent, chargeant la tête à mi-hauteur, mais il doublait bien et revenait. Il reçut une seule pique en levant la tête. Guillon réalisa un quite élégant par tafalleras et prit les banderilles et cloua magistralement la troisième paire. A la muleta il sut se rendre maître de son adversaire dont les forces étaient limitées avec beaucoup de calme et un incontestable sens du sitio. Un pinchazo et une estocade entière bien placée eurent raison de l’animal dont la présidence attribua les deux oreilles au torero .

   C’est à pied que les toreros quittèrent l’arène fêtés par le public ravi mais aussi ému par le souvenir de celui qui avait piqué il y a un an au même festival d’Arzacq et dont l’absence se faisait douloureusement sentir.

Retour