Fédération des Sociétés Taurines de France - Temporada 2011

Vendredi 17 juin, corrida à Istres

Cinq Domingo Hernández et un Garcigrande pour "El Juli", "El Fundi, Juan Bautista

J’ai assisté à Istres à la corrida du vendredi 17 juin. Pas libre pour voir les artistes du lendemain (Morante, Manzanares) et en plus un petit doute sur l’intérêt des toros. Il y avait ce soir là l’occasion de voir 1 Garcigrande et 5 Domingo Hernandez, c’est quasiment la même chose. Après le surprenant lot d’Arles de Garcigrande, ça valait peut être la peine. Curiosité pour cet élevage, intérêt pour le garçon d’Arles, Juan-Bautista, moins pour le Juli qu’on voit un peu trop à mon gout (surtout là ! mais on dit qu’il donne à chaque fois le meilleurs de lui même), et El Fandi qui pouvait au moins impressionner sportivement avec ses courses à reculons et ses banderilles.

Le bétail du niveau de présentation de cette catégorie d’arène, parfois un peu juste, mais j’avais cette curiosité de voir comment il sortait dans cette ville du bout de l’aficion, un peu excentrée par rapport à la géographie de la corrida, et encore en devenir. Le premier s’étant tué en frappant contre la barrière, nous avons vu en fait 6 Domingo Hernandez. La bonne surprise c’est que 4 d’entre eux avaient du piquant. Pas des monstres, mais de la personnalité. Le premier surtout a posé des problèmes au fameux technicien hors pair qu’est El Juli. J’ai pourtant nettement l’impression que c’est plutôt le toro qui a dominé les échanges en obligeant le torero à rompre plus souvent qu’il ne le souhaitait et qui lui a d’ailleurs porté une épée médiocre. Résultat de la surprise de voir s’opposer trop de résistance ? Son second était un de ces toros noblissimes (je dirais niais), ennuyeux pour moi, mais qu’affectionne le dit torero pour lui sortir la faena dominatrice et un peu mécanique (trop rapide ?) que l’on connaît. De bon aloi mais pas très passionnante.

J’en viens donc à ce qui m’a intéressé dans ce contraste d’un Juli poussé à rompre par un toro que l’on qualifierai aujourd’hui de compliqué. Un toro quoi ! Qui m’a semblé ne l’être que parce qu’il répétait avec beaucoup d’envie et une pointe d’andarinité (pardonnez ce néologisme).

Ce qui m’a donné envie d’accepter d’écrire ce petit papier, poussé par Jean-Jacques Dhomps, c’est que la prestation d’El Juli pose question ! Enfin, plein de questions, mais celle qui m’intéresse est la suivante. On dit, et c’est souvent vrai, que les toreros gladiateurs ont du mal avec les « bons » toros. Qu’ils ne savent plus s’exprimer avec un toro adapté, traduisez au toreo contemporain. Je me demande très sérieusement si l’inverse n’est pas également vrai. Qu’à force de ne toréer que du noble (les figures imposent, on le sait, un certain type de toro), on ne devenait pas moins capable de soumettre des combattants. Peut être est ce pour cela qu’il y a des toros « compliqués » !

Pour les deux autres toreros, je dirai qu’ils ont été réguliers, sans trop forcer leur talent, ce que le public manifestement très peu connaisseur ne demandait pas. Un petit accessit au Fandi bien qu’il ne soit pas mon torero préféré (d’ailleurs, je n’ai pas de toreros préférés) qui a su mettre l’ambiance que l’on sait aux banderilles et servir un troisième tiers à un torito volontaire (le dernier) ; malheureusement auteur de 2 vilaines morts.

Alderv, 22 juin 2011

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