Du 15 au 18 septembre, "feria des Vendages" à Nîmes
L’HONNEUR RETROUVÉ DES ARÈNES DE NIMES
Après cette Feria des Vendanges 2011, les arènes de Nimes ne méritent plus le sourire entendu du mundillo, ni la commisération de tant de bons aficionados« indignés ». Quand on veut, on peut donc…
Oh ! Il y a encore eu quelques toros largement sur-côtés (et même l’un ou l’autre sous-côté pour « égaliser » le lot !)… mais ce fut l’exception et non plus la règle.
La présentation de l’ensemble, corpulence et cornes, était digne de Nimes ; même pour ceux du haut de l’escalafón. Quant aux Fuente Ymbro du dimanche après-midi, il n’auraient pas dépareillé à Bilbao. Reste la préoccupation majeure du manque de caste et de force sans lesquelles la corrida tourne au cirque, le toro ne donnant plus aucune émotion ni le sentiment du moindre danger ; sur ce registre, seuls les Jandilla (mais oui !) et plus encore les Fuente Ymbro ont tiré leur épingle du jeu et mieux encore, le dernier jour.
Pourvu que ça dure !
Détaillons rapidement. Miuras fades et faibles. Seul le 6e, lourd, venant de loin à la moindre sollicitation et solide, a sorti le, public de l’ennui ; Javier Castaño l’a parfaitement mis en valeur et a légitimement triomphé.
Novillada de Dos Hermanas (Patrick Laugier) très bien présentée, noble avec quelques aspérités, mais mansote et de peu de forces ; seuls émergent de l’ennui Fabio Castañeda et le 3e novillo.
Lamentables Zalduendos bien présentés mais sans force. Juli fait un miracle avec son premier en le faisant avancer, puis passionne à juste titre les tendidos avec un second encasté, mobile et solide.
Rejoneo : Bohórquez gros, faibles et fades. Seul le dernier donne du jeu.
Les Victorianos del Río continuent dans le même ton. Avec le seul potable, Juan Bautista réveille le public, qui lui en sait gré.
Un toro par course semble être la règle. L’aficion s’ennuie et gronde.
Enfin Jandilla vint ! Toros armés, solides, nobles sans naïveté (de la vraie caste !) et vifs.
Conde pas mal puis mangé tout cru par son second, très encasté et mobile : il n’a jamais trouvé le bon placement sur le retour du toro.
José Tomás « extraterrestre » par éclairs mais toujours grand du toreo même quand il ne « se les passe » plus au millimètre ; tauromachie épurée à l’extrême, sans un geste de trop, efficace, et qui ferait presque oublier la simplicité avec laquelle il a contenu sur place la bravoure très encastée qui venait de « manger » Conde. Un grand !
Le néomatador français Thomas Dufau, confronté à une competencia de très haut de gamma, a eu la chance de toucher « le » toro du jour : lourd, brave, noble, inlassable mais doux ; il n’a pas laissé passer sa chance, toréant avec justesse, avec goût, avec engagement total. Deux oreilles méritées et exploit de sortir a hombros avec José Tomás… même si ce dernier a pris la porte « des consuls » avec 3 oreilles et Thomas celle des cuadrillas.
On savait depuis longtemps les Fuente Ymbro très armés : ils l’étaient et avaient un trapío exceptionnel.
Tejela n’a pas été dans le coup.
Alberto Aguilar, confiance toute retrouvée, s’est livré à fond, avec qualité, et a mis des estocades entières dans tout le haut (un peu caidas mais vu sa taille, c’était miraculeux !) : 1 et 1 oreille, triomphe mérité.
David Mora, précédé par sa réputation et son faenón d’Arles, a confirmé tout le bien que l’on pensait de lui. Engagement, sûreté, classe : il a illuminé l’après-midi. Ses pinchazos ont réduit son triomphe à 1 et 1 oreille ; il aurait pu en avoir 3 ou4.
Le bonheur. Enfin ! Comme quoi la corrida ne peut vivre que d’authenticité.